Si on peut avoir des rapports sexuels avec l’épouse de son oncle de son vivant, parfois sous son instigation, on comprend aisément que l’héritage des veuves soit un phénomène courant dans la majorité des régions du sud du Congo. En effet, on considère la femme qui a été « achetée » moyennant la dot, comme un bien à hériter, au même titre que la télévision et les ustensiles de cuisine, après le décès de son grand frère ou de son oncle.
Cette répartition des biens se fait publiquement par le chef de famille, et le récipiendaire de la femme-veuve, vie une sexualité normale avec celle-ci sans se préoccuper de la cause du décès de son grand-frère ou de son oncle.
Chez les peuples Mbambas dans la région de la lékoumou, la petite sœur a le devoir, voire l’obligation de remplacer sa grande-sœur au lit en cas d’indisponibilité de celle-ci (voyage, accouchement), pour éviter les infidélités du mari, en d’autres termes, pour éviter que le mari de la grande sœur ait des rapports sexuels « extra-conjugaux ». Cette réalité se manifeste autrement dans les autres ethnies (Mounzombo dans la région de la Likouala), où les rapports sexuels du mari avec les petites sœurs de son épouse sont tolérés et, ne peuvent nullement être réprimés par la société. Ces belles - sœurs sont d’ailleurs désignées sous l’appellation « matabiche », ce qui signifie prime au mariage ou bénéfice du mariage.
Par ailleurs, au Congo, une bonne femme c’est celle qui doit présenter une constriction et une sécheresse vaginale, lors des rapports sexuels. Hypersécrétion vaginale ainsi qu’un vagin immense sont l’objet de stigmatisation et de moqueries. C’est pour cela que beaucoup de fille congolaise même universitaire, utilisent des tisanes (Congo Bololo, tangawis,…), afin de provoquer la constriction et la sécheresse vaginale lors des rapports sexuels, augmentant ainsi les risques de lésions et donc de contamination.
Chez les Mbétis dans la cuvette-ouest, comme dans d’autres ethnies d’ailleurs, la valeur sociale de la femme et son affirmation se détermine par son hyperactivité sexuelle. La femme avant le mariage devra multiplier des partenaires sexuels et prouver à ceux-ci ces capacités à leur procurer le plaisir. Celle-ci s’entraînera à multiplier des coits avec son partenaire et des rapports sexuels avec plusieurs partenaires en un temps record sans pouvoir se fatiguer.
Il faut aussi noter que le mariage des vieux avec des jeunes filles dans un contexte de polygamie, pousse ces jeunes filles à avoir des rapports sexuels extra-conjugaux avec des jeunes hommes, pour compenser l’impotence orgastique de leur vieux et fatigués conjoints.
Au Congo, la stérilité du couple est toujours attribuée à la femme qui doit seule, porter la responsabilité de cette stérilité. Cette réalité pousse plusieurs femmes à avoir des rapports sexuels extraconjugaux non protégés avec les hommes réputés hyper - féconds dans la contrée, dans le but de vérifier leur infertilité. Cette pratique expose ces femmes au VIH/SIDA.
Par ailleurs, le harcèlement sexuel dans les entreprises, dans les administrations publiques, dans les écoles/universités sont aussi des déterminants sociaux de la vulnérabilité au VIH.
En effet, les « promotions canapés » fruit du harcèlement sexuel du Ministre sur la secrétaire dite particulière, du Directeur sur une employée, du Pasteur sur une adepte, de l’officier sur la femme soldat... Dans ce contexte, la femme n’a pas d’autres choix que d’accepter soit pour bénéficier de la promotion, soit pour éviter les sanctions du « chef ».
Dans nos établissements scolaires, on observe le même phénomène : la pression du professeur sur l’élève/étudiante. Dans nos établissements scolaires, certains professeurs donnent des mauvaises notes aux élèves quelques soient leurs efforts. Ils leur proposent des rapports sexuels en échangent des bonnes notes. C’est ce qu’on appelle cyniquement des « notes sexuellement transmissibles ». Dans la réalité congolaise actuelle, une femme n’a de valeur sociale que si elle a eu des enfants. L’enfant est la trace que l’homme laisse sur terre. Comme le dit si bien BOUMPOTO : aucune œuvre scientifique, littéraire ni philosophique n’a de valeur. Vivre et avoir la certitude de vivre après sa vie, c’est avoir eu un enfant. Le désir d’enfant est très fort chez la femme congolaise. Celles qui ont des difficultés de conception, mieux celles déclarées infertiles sont prête à toute tentative pour avoir un enfant. Par conséquent, elles s’affilient dans les églises de réveil qui promettent « au nom de Dieu » la solution à ce problème. Malheureusement le rituel de « don d’enfant » oblige le fameux pasteur un imposé à la femme d’avoir un rapport sexuel non protégé avec lui pour semble t-il bénir le sexe hanté de la femme. Afin de le rendre apte à recevoir un enfant.
Il y a aussi le harcèlement domestique observé entre le patron et la dame de ménage à qui on impose les rapports sexuels. Celle-ci n’ pas d’autres choix que d’accepter car le refus entraîne le licenciement et par conséquent la perte de certains avantages.